
J’ai entendu parler de ce documentaire il y a quelques mois via un contact Facebook qui indiquait la sortie de ce documentaire pour fin septembre. Le message qui a suivi était bien plus funeste puisqu’il annonçait l’assassinat de Christian Poveda.
Pour moi ça ne se discutait pas il fallait aller voir son travail !
Son idée est de suivre les membres d’un gang dans leur quotidien. Et c’est ce qu’il se passe pendant tout le documentaire. On partage leurs vies, on les suit à travers leurs « joies » mais aussi et surtout leurs peines et leurs haines. On est baladé de fête d’anniversaire, en boulangerie, de prison en procès, et d’assassinats en assassinats…
On s’attache à ces personnes que la pauvreté a confiées au gang. Ils en sont fiers de faire parti de ce gang. Pourtant leur avenir paraît tracé prison, prison, prison ou assassinat. On s’attache d’ailleurs à ces personnages qu’on découvre parfois morts au cours du documentaire.
Il faut noter que cette guerre des gangs n’est a priori motivée « que » par l’assassinat d’un des leurs qui justifient l’assassinat d’un des autres et vice versa.
A la fin de toutes ces bribes de vie, on ne sait quel bilan en tirer : la première question qu’on se pose est quand même de savoir si le phénomène peut réellement être éradiqué. Cette question nous est judicieusement amenée car la scène finale est un rite d’initiation d’entrée dans le gang d’un jeune qui doit avoir 12 ou 13 ans. Ensuite on se dit que malgré l’intervention (sans doute non adaptée) de la police, il n’y a pas l’ombre d’une accalmie.
La prison n’est pas dissuasive, la mort non plus et les assassinats ne font que ravivés les haines. Mais alors que faire ?
Quelques anecdotes :
On les appelle les Maras. Construits sur le modèle des gangs de Los Angeles, ces groupes de jeunes sèment la terreur dans toute l’Amérique Centrale. Plongée dans les banlieues de San Salvador dans le quotidien des membres d’une armée invisible. Nouveau fléau mondial qui détruit par la violence aveugle les principes démocratiques et condamne à mort une jeunesse privée de tout espoir d’avenir.
Le choix du gang
Au Salvador, deux gangs se font la guerre : la 18 et la MS (Mara Salvatrucha). Christian Poveda a exposé sa proposition de documentaire aux deux gangs avec une condition : accepter sa présence durant une année entière. C’est cette close qui a entraîné le refus de la MS, le cinéaste a donc choisi de suivre la 18.
Une fin tragique
Mercredi 2 septembre 2009, le réalisateur Christian Poveda est retrouvé mort au Salvador, tué par balles. Âgé de 54 ans, le cinéaste était en train de tourner un autre documentaire dans une banlieue contrôlée par les gangs. La Vida Loca était son premier documentaire a être diffusé en salles.
Marie